Si Cythia Beal parvient à ses fins, la célébration d’Halloween au cimetière local sera à l’avenir aussi terrifiante qu’une promenade dans un bois fleuri. La fondatrice de la Natural Burial Company, un distributeur américain de cercueils biodégradables fabriqués avec des matériaux renouvelables ou recyclées, ambitionne d’importer en Amérique du Nord une pratique développée avec succès au Royaume-Uni depuis déjà plusieurs années: l’enterrement écolo. Ni formol ni boîte en acier ou bois exotique précieux, mais un retour
à la terre qui évite toute pollution et gaspillage de ressources, et qui assure à ses adeptes une union parfaite et symbiotique entre leur dépouille mortelle et Gaia.
“Vous pouvez reposer dans un cercueil naturel sous un arbre fraîchement planté, explique Cynthia. Ainsi, vous contribuez à séquestrer le carbone, vous exhalez de l’oxygène et vous nourrissez le sol. En retournant ainsi à la terre, vous devenez un arbre, un buisson ou une clairière, et vous fournissez un habitat à la vie sauvage”.
Cette vision idyllique n’est pas qu’une élucubration de hippie américain. Elle a déjà conduit à la création aux Etats-Unis d’une vingtaine de “cimetières verts”. Au Royaume-Uni, ils sont 24 éparpillés entre l’Ecosse et la Cornouaille.
Le phénomène ressemble fort à l’émergence d’une tendance de fond. Quoi de plus naturel en effet pour les disciples de l’agriculture biologique de proximité et du développement durable (et ils sont de plus en plus nombreux) que boucler gentiment la boucle dans un panier de bambou enseveli sous un cerisier.